On grandit sans repères, on se cherche. La vie rythmée par les overdoses médicamenteuses, le besoin de se faire mal pour apprivoiser sa souffrance. Quand on saigne, on maîtrise tout....
On passe du rire aux larmes, la bouche sourit mais le coeur pleure. La peur de tout, l'envie de rien.
On fantasme sur sa dernière heure, on pactise avec la solitude. On hurle, on a mal. Besoin d'un regard, d'un mot tendre. Besoin d'un peu de considération, mais tout cela relève du domaine de l'utopie.
On ne vit pas on survit...
Il apparaît comme celui dont on rêvait pour être bien. Il semble être le cadeau tant attendu.
Le pilier est au final plein de failles.. Le roc n'en est pas un, il est mou, il est creux et ne nous protège en rien. Mais on ne lui en veut pas! Il a mal, il nous fait mal, mais il mérite, lui, d'être heureux.
On restaure: on le panse, on l'aime, on vit à travers lui, on se lève pour lui, on respire grâce à lui. On veut mériter son amour, on a besoin de lui pour être, on donnera notre vie pour ça s'il le faut.
On encaisse, on espère, on devient une autre. On souffre en permanence, il est une drogue, on en veut toujours plus. Avec lui on s'aime un peu mieux, près de lui on est quelqu'un de bien. Pour lui, on sera docile et on le laissera piétiner notre coeur.
Tu vas mieux, tu prends de la distance. Je suis en crise, j'ai mal, tu me rejettes. Deux ans que je te soigne, deux ans que je me tue.Car autour de moi rien ne va plus...
La vie est insupportable. Le mal nous ronge chaque jour un peu plus. Sur les bras les cicatrices s'accumulent, dans le coeur les blessures semblent ne plus vouloir se résorber. L'estomac saigne d'être torturé, la gorge ne supporte plus cette fumée.
J'ai besoin de toi, tu ne me vois pas. Je redeviens le fardeau... Je regarde autour de moi, je crie mais personne ne répond.
La fin d'une année, l'angoisse de voir la suivante dans les mêmes conditions. J'ai toujours été abandonnée, mais si toi aussi tu t'y mets je n'ai plus de raison d'exister.
Laisse-moi te couver, je veux encore te restaurer, te donner goût à une joie de vivre que je n'ai jamais ressentie. Donne-moi ta souffrance, je peux tout assumer, j'ai l'habitude tu sais!
Non tu ne veux pas? Alors je te laisse, alors je laisse la vie...
Même la mort n'a pas voulu de nous...
Cadre cocon. On nous regarde. On est coupé du monde. On essaie de nous comprendre, on nous dit que l'on a le droit d'avoir mal.
LUI aussi est là. Il se rend compte qu'on souffre, il nous en veut terriblement. Il nous rejette toujours un peu, pensant être la cause de tout celà.
Dans cette bulle on commence à réfléchir. On se dit que la vie pourrait être autrement, que l'on pourrait l'aimer tout simplement. Si on s'en est sortie, c'est qu'on a peut-être encore quelque chose à faire ici.
Les forces que l'on avait épuisées nous reviennent: on veut s'en sortir, on va s'en sortir...